Le hérisson traverse jusqu'à deux kilomètres par nuit, et il passe probablement chez vous. Vous ne le verrez pas — mais il laisse une trace que les enfants adorent chercher, et qu'on peut identifier à coup sûr.
Ce que vous allez chercher
Une crotte. Oui, une crotte — et c'est exactement pour ça que les enfants adorent cette observation.
Celle du hérisson est reconnaissable entre toutes : noire ou brun très foncé, en forme de petit boudin de 3 à 5 centimètres, posée en plein milieu de la pelouse. Et surtout, si vous la regardez de près au soleil, elle brille.
Ces paillettes, ce sont des morceaux d'ailes et de carapaces de scarabées qu'il n'a pas digestés. Aucune autre crotte de jardin ne fait ça.
- Sortir le matin et traverser la pelouse lentement, en regardant par terre.
- Chercher le petit boudin sombre. Il est rarement caché : le hérisson dépose au milieu, à découvert.
- S'accroupir et regarder les paillettes — sans toucher, jamais avec les mains.
- Chercher aussi les passages : un trou sous la haie, un espace sous le portail. C'est par là qu'il entre.
- Poser une coupelle d'eau le soir, à même le sol, près d'une haie. Et regarder le lendemain.
Ce qui se passe vraiment
Le hérisson est un insectivore, pas un mangeur de pommes ni de lait. Il passe ses nuits à avaler limaces, vers, chenilles, scarabées, perce-oreilles. C'est le meilleur allié d'un potager, et il travaille gratuitement pendant que vous dormez.
En septembre et octobre, il ne mange pas pour le plaisir : il constitue sa réserve de graisse pour l'hiver. Dès les premiers froids, il s'endort dans un tas de feuilles ou de bois, et il ne se réveillera qu'au printemps. S'il n'a pas assez grossi, il ne se réveillera pas.
C'est pour ça que cette période compte, et que ce que vous laissez dans votre jardin en automne décide de sa survie.
« Si ça brille, c'est un hérisson. Les paillettes, c'est les scarabées qu'il a mangés. »
Et devant le tas de feuilles : « On le laisse là. C'est peut-être sa chambre pour l'hiver. »
- Jamais de lait. Le hérisson ne digère pas le lactose : un bol de lait lui donne une diarrhée qui peut le tuer. De l'eau, uniquement de l'eau.
- Jamais brûler un tas de feuilles ou de branches sans le déplacer d'abord à la fourche. C'est l'une des premières causes de mortalité en automne.
- Pas de granulés anti-limaces. Le hérisson mange les limaces empoisonnées — et s'empoisonne.
- On ne le ramasse pas pour le montrer. Il est couvert de parasites et il se met en boule de peur.
Un hérisson en plein jour, c'est une urgence
Un hérisson en bonne santé ne sort pas le jour. S'il titube, s'il est couché sur le flanc, ou s'il est visiblement très petit à l'automne : il a besoin d'aide.
Ne le nourrissez pas, ne le gardez pas. Mettez-le dans un carton avec un linge, au calme, et appelez un centre de soins de la faune sauvage près de chez vous. Eux sauront.
Pour aller plus loin
Un geste qui change tout, et qui ne coûte rien : percez un passage de 13 cm sur 13 cm au bas de votre clôture. C'est la taille exacte qu'il lui faut. Un jardin fermé est une impasse ; dix jardins reliés, c'est un territoire.
Et laissez un coin sauvage : un tas de feuilles mortes, quelques branches empilées derrière la haie. C'est moche trois mois par an. C'est un abri toute l'année.
Le hérisson a sa planche à colorier
Dans le cahier offert, Écho rencontre le hérisson — avec, en une phrase, ce qu'il chasse vraiment la nuit. Cinq autres planches l'accompagnent : la coccinelle, le ver de terre, le bourdon, le cloporte et la mésange.
Recevoir les 6 planches →Pourquoi on garde les feuilles mortes au lieu de les ramasser : c'est expliqué dans Faire sa terre.

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