En fin d'été, si vous sortez avant que le soleil ne chauffe, vous trouverez des bourdons immobiles au fond des fleurs. Les enfants croient toujours qu'ils sont morts. Ils dorment.
Ce que vous allez voir
Un gros bourdon poilu, au fond d'une fleur ou accroché dessous, parfaitement immobile. Il ne fuit pas quand on s'approche. Il ne vole pas. On peut même parfois voir la fleur bouger légèrement : il commence à vibrer.
Revenez une heure plus tard, quand le soleil aura tourné. Il ne sera plus là.
- Sortir tôt, avant 9 heures, quand l'herbe est encore fraîche.
- Regarder au fond des fleurs ouvertes, une par une. Prenez votre temps.
- Ne pas toucher. On s'accroupit, on regarde de près, c'est tout.
- Écouter. Parfois on entend un bourdonnement sourd, sans qu'il bouge : c'est lui qui se réchauffe.
- Revenir le voir une heure plus tard. La fleur sera vide.
Ce qui se passe vraiment
Deux choses à la fois.
D'abord, tous les bourdons ne rentrent pas dormir au nid. Les ouvrières, oui. Mais les mâles, eux, quittent le nid pour ne plus jamais y revenir : ils passent leurs dernières semaines dehors et dorment où ils se trouvent — souvent dans une fleur, qui est un abri tout prêt avec le repas sur place.
Ensuite, un bourdon froid ne peut pas voler. Ses muscles de vol ne fonctionnent qu'au-dessus d'une certaine température. Alors il fait ce qu'aucun autre insecte ne fait aussi bien : il frissonne. Il contracte ses muscles sans bouger les ailes, comme nous quand nous avons froid, et il se chauffe lui-même jusqu'à pouvoir décoller.
C'est pour ça qu'on voit des bourdons tôt le matin et tard le soir, quand les abeilles sont déjà rentrées. Ils travaillent par des températures où personne d'autre ne sort.
« Il est pas mort. Il est froid. Il attend le soleil pour allumer son moteur. »
Et si l'enfant veut l'aider : « On ne le touche pas. Le soleil le fera mieux que nous. »
Ce qu'on ne fait pas
- On ne donne jamais de miel à un bourdon fatigué. Le miel du commerce peut transmettre des maladies aux abeilles sauvages.
- On ne le ramasse pas pour le « mettre au chaud ». Un bourdon réveillé dans une maison ne retrouvera pas son chemin.
- On ne le met pas dans une boîte, même cinq minutes, même « pour montrer à papa ».
Un seul cas justifie d'intervenir : un bourdon à terre, sur du béton, qui tente de voler sans y arriver. On peut alors le déposer délicatement sur une fleur, avec une feuille glissée dessous. Rien de plus.
Pour aller plus loin
Comptez les bourdons endormis sur une semaine. Vous verrez qu'ils reviennent souvent aux mêmes fleurs — les plus ouvertes, les plus exposées au premier soleil.
Et si vous voulez en voir davantage l'an prochain : les fleurs simples, plates, à cœur ouvert valent dix fois mieux que les grosses fleurs doubles des jardineries, où ils ne peuvent même pas entrer.
Le bourdon a sa planche à colorier
Dans le cahier offert, Écho rencontre le bourdon — avec, en une phrase, ce qu'il transporte vraiment de fleur en fleur. Cinq autres planches l'accompagnent : la coccinelle, le ver de terre, le cloporte, le hérisson et la mésange.
Recevoir les 6 planches →Quelles fleurs planter, et où les mettre dans le jardin : Faire sa terre.

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